Brèves de quartier (2003)

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Issu de Contes Ineffables

lyrics

Brèves de Quartier

Faut dire qu’on n’en menait pas large dans nos bermudas, c’était l’âge de

l’insouciance, pour d’autres l’époque des premiers casses, les stats nous donnaient

perdus d’avance, chômeurs longue durée, délinquants, rebuts de leur Douce

France. Les malentendus menaient les moins malins dans les méandres de

l’aliénation, néanmoins, la moiteur de nos immeubles a nourri en nous la graine de

l’émancipation. Ghetto qualification, nombreux sont les chemins qui te font perdre

la raison. Dans ce climat instable, les chefs de famille nous achetaient de beaux

cartables, mettaient du pain sur la table, dans le but de faire de nous des gens

respectables et raisonnables, pour casser notre image déplorable. Tu parles ! Une

fois livrés à nous-mêmes, nous rencontrions les mêmes problèmes. Qui croire ?

La Bible ou le Coran ? Le père ou le prof ? Le cœur ou la crosse ? Je lâche ou je

m’accroche ? Quand chaque anicroche écorche l’amour-propre de tes proches,

à la moindre entorse, ce sont des flèches empoisonnées que tu décoches ! Et si

tout autour de toi, les gens finalement meurent ou morflent, c’est que la situation

délicatement se corse.

Refrain : Chacun de mes réflexes est conditionné par l’opinion que je me suis

forgée, chacun son jugement, chacun ses vérités, pile, face, droite, gauche, ton

choix est à ta portée. Chacune de mes actions est mesurée par mon tempérament,

ma combativité, je veux que mes choix découlent de ma volonté, pile, face, droite,

gauche, mon choix est à ma portée.

Puis vient le temps des premiers amours. Il y a ceux qui y croient, et ceux qui

cassent toujours. Les cœurs sanguinolents se sentent seuls dans leur tour.

Certains prendront la route de leurs sentiments, d’autres feront des tas de détours.

Ce contexte verra l’affrontement de deux écoles : celle des capotes et celle

des guignols. Ces derniers ne se sentent plus très bien ou ont disparu de notre

quotidien, à force de lutter contre la faim, de chair et de pain, certains se mettaient

en situation d’échec rien qu’en tendant la main. Tu sais, on était africain, antillais,

portugais, maghrébin, français, italien, asiatique, mauricien, comorien, et il paraît

que nos ancêtres étaient des gaulois très bien... Tous portions en nous des histoires

différentes, on nous a mis dans un moule pour qu’on dévale la pente. Par réflexe,

aujourd’hui, on préfère les petits chemins qui serpentent, on sait que notre salut

est près d’une grande porte, alors on se glisse dans une fente. Si le Vatican est

innocent, et bien nous aussi. Si aux guerres succèdent des traités, et bien on signe

aussi. Si votre actuel président est un menteur, eh ben nous aussi ! On juge la

machine et sa courroie, tu m’crois, tout va mal jusqu’ici.

Refrain

En tout cas rien, non rien, ne nous prédestinait à devenir auteur, compositeur,

interprète, demande à ma mère, aujourd’hui quelques uns d’entre nous réajustent

leurs repères, écrivent des histoires, des poèmes ou disent des prières. Et nous

passons par l’inévitable processus de verbalisation, indispensable à la progression

dans l’élévation. Nombreux sont ceux qui n’ont pas conscience que le verbe est une

arme blanche, une lance qui doit plus servir qu’asservir, alors si c’est pour être vizir à

la place du vizir, pose ta plume triste Sir, cesse de mentir, tu vois bien que personne

ici ne veut de ton élixir.

Refrain

credits

from AIRS D'OUTRE​-​SOMBRE, released January 28, 2015
Musique : Yed, featuring Marc Ducret

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